HISTOIRE DU BATIMENT

'Hôpital Général Royal de Saint-Germain-en-Laye devenu maison d'artiste puis musée

Dès 1662, dans une déclaration donnée à Saint-Germain-en-Laye, Louis XIV souhaite que toutes les villes et gros bourg du royaume disposent d'un hôpital général.

Saint-Germain-en-Laye possède déjà " La Charité ", hôpital fondé quelques années auparavant par Anne d'Autriche, sur les conseils de saint Vincent de Paul.

Préoccupée du sort des déshérités, notamment des vieillards, Françoise Athénaïs de Rochechouard-Mortemar, marquise de Montespan (1640-1707), ancienne favorite du roi, acquiert en 1678 une propriété dans la vallée de Feuillancourt pour y accueillir les malheureux.

En juin 1681, Louis XIV annonce par lettres patentes, la création d'un hôpital général dans la cité. En 1686, le roi lui permet d'agrandir la propriété avec un terrain contigu sur lequel, avec l'aide du Trésor Royal, la marquise fait construire le bâtiment actuel sous la conduite de maîtres maçons sangermanois : Jean Harrouart et Pierre Chappel supervisés par le curé de la paroisse, Messire Nicolas Cagnyé.

Le plan prévoit deux ailes séparées par une chapelle.

On édifie d'abord les salles et la voûte de l'ancienne cuisine (actuellement accueil du musée) porte en son sommet l'inscription "Cette voûte a été faite l'année 1692 ".

Le 12 juin 1698 a lieu la bénédiction de la première pierre de la Chapelle, dédiée à saint Louis en raison des bienfaits du roi Louis XIV et en mémoire du roi Louis XI, futur saint Louis, né à Poissy, fils de Blanche de Castille, élevé sur les terrains de Feuillancourt au château Bouret.

En 1718, les travaux sont terminés mais l'aile Nord ne sera jamais réalisée ce qui fait perdre à la chapelle son rôle régulateur d'axe de symétrie.

Il s'agit d'un bâtiment imposant et très simple de ligne, long de 54 mètres composé d'un étage et ses combles sous un toit de tuiles.

Nous avons ainsi du sud au nord, les locaux d'intendance (aujourd'hui accueil), l'escalier monumental, à double révolution, voûté d'arêtes et large de 2,50 mètres, puis les salles communes (aujourd'hui salles d'exposition) et enfin la Chapelle.

Les grandes fenêtres dont le cintrage au rez-de-chaussée adoucit l'ensemble, rythment la façade tout en procurant une grande luminosité.

En 1753, l'Hôpital Général Royal est transformé en "Hospice de Vieillards ".

Le 28 vendémiaire an 01 (19 octobre 1793), il est nommé officiellement Hospice National des Vieillards, puis les bâtiments sont délaissés dix ans plus tard.

Le 1er juillet 1815, on y soigne les soldats blessés par les Prussiens, lors de la défense du Pont du Pecq.

Le 5 avril 1817, il est vendu pour la somme de 31.000 Francs.

Destination des espaces et locataires se succèdent, une fabrique d'étoffes de lin fondée par le Sieur Bardel, continuée par le Sieur Delcour est installée dans les bâtiments, tandis que la chapelle accueille la tannerie de Monsieur Delbut.

En 1870, le vieil hôpital sert de corps de garde aux allemands avant d'être racheté par la famille Mignon, bienfaitrice des jésuites qui leur confie la propriété et le 8 septembre 1882, une résidence de plein exercice leur est attribuée.

La propriété est ensuite annexée au collège parisien de la rue de Madrid, comme maison de campagne avec à demeure quelques prêtres âgés.

En 1902, le vieil hôpital est mis sous séquestre et une longue période de procès s'engage, Mademoiselle Mignon ayant à faire reconnaître son titre de propriété.

Vers 1900, Maurice Denis qui demeure au 59, rue de Mareil à Saint-Germain-en-Laye, dispose d'une vue sur la bâtisse dont il aperçoit le fronton décoré de feuillage de la chapelle, sujet qui sera repris dans ses tableaux de l'époque.

Au printemps 1910, Maurice Denis envisage d'acquérir le vieil hôpital. En attendant il obtient de Monsieur le curé Duchemin, l'autorisation d'occuper une salle annexe de la Chapelle où il réalise la décoration pour l'hôtel de Charles Stern, Le Soir Florentin.

En 1912, il commence une de ses premières grandes décorations pour le Théâtre des Champs-Elysées. Cette réalisation qui nécessite des toiles de grandes dimensions, l'oblige à faire construire sur un terrain contigu à la Chapelle, un vaste atelier dont l'architecte Auguste Perret, auteur du Théâtre des Champs-Elysées va réaliser la construction. Les travaux sont achevés en mars-avril 1912 et l'artiste y travaillera jusqu'à la fin de ses jours (1943).

Le " Prieuré " de Maurice Denis

Au terme du procès, Maurice Denis va enfin pouvoir acquérir la propriété le 9 juillet 1914. Peu après, Auguste Perret est chargé des travaux d'aménagement. L'artiste baptise la demeure " Le Prieuré " peut-être parce qu'il pensait avoir acquis un ancien couvent, vraisemblablement il fût influencé par la rue qui clôt le bas du jardin, la rue du Prieuré qui rappelle en fait un bâtiment qui n'a pas encore été retrouvé.

Le Musée Départemental Maurice Denis " Le Prieuré "

Créé par le Conseil Général des Yvelines en 1976, à la suite d'une importante donation des héritiers de l'artiste, le Musée ouvre ses portes en 1980.

 
Le jardin
La chapelle