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Mogens Ballin (1871-1914)
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Né à Copenhague en 1871, Mogens Ballin est le fils unique d'une riche famille israélite très attachée aux traditions religieuses. Dès son adolescence, il souhaite devenir peintre et, à seize ans, rapporta quelques toiles d'un séjour dans la province du Seeland, à l'extrême nord du Danemark. En 1889, il décide de se rendre à Paris pour étudier la peinture et, grâce à un mot d'introduction rédigé par Mette Gauguin, son professeur de français, fait la connaissance de Gauguin. |
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En avril 1891, il participe au banquet d'adieu donné en l'honneur du départ du peintre pour Tahiti et y rencontre le hollandais Jan Verkade. Quelques temps après, ils se retrouvent par hasard parmi la foule estudiantine du "Bal Bullier" et échangent quelques propos sur la difficulté de travailler à Paris dans le bruit et l'agitation. Lorsque Verkade lui fit part de ses projets de voyage en Bretagne avec Sérusier, Ballin émit aussitôt le souhait de l'accompagner. Bien qu'ils se connaissent fort peu, les deux artistes partirent ensemble pour Pont-Aven, et s'installèrent à la pension Gloanec où avaient logé Gauguin et ses amis au cours des étés précédents. Enthousiasmés par le pays découvert, Ballin et Verkade se mirent aussitôt à peindre d'une manière qui est souvent extrêmement proche et peut poser des problèmes d'identification. Ils empruntent souvent à Cézanne la technique des petites touches de pinceau carrées mais Ballin ne les utilise pas pour suggérer le volume. Au contraire, il s'en sert pour définir des formes aplaties dont les riches harmonies de couleurs traduisent l'influence de Gauguin et la connaissance du synthétisme. Les lignes des contours semblent "mener une vie propre qui ramène la composition à un dessin bidimensionnel" et permettent de comprendre la phrase de Sérusier qui déclare: "Ballin fait prévoir un art étrange, riche et fantastique" . En juin, les trois amis partent pour Huelgoat, un gros bourg situé à l'intérieur des terres, et partagent leur temps entre la peinture et la lecture. Souvent Ballin et Verkade partagent les mêmes modèles et tendent vers une certaine idéalisation des visages. Quand Verkade repartit pour Le Pouldu, Ballin rentra à Paris et se mêla aux activités habituelles des Nabis qui semblent l'avoir accueilli avec beaucoup d'amitié. |
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Au printemps 1892, il retourne en Bretagne rejoindre à Saint-Nolff son ami Verkade dont il partage les préoccupations spirituelles et religieuses. Comme lui, il veut bientôt se faire baptiser et l'entraîne en Italie. Ils voyagent ensemble en train et s'émerveillent des pays traversés et des personnages rencontrés. A Florence, ils visitent les musées, les monuments, les églises et effectuent des copies d'oeuvres d'art. Bientôt Ballin entra en contact avec les pères franciscains du monastère de Fiesole et y suivit une instruction religieuse avant de recevoir le baptême. En janvier 1893, ils séjournent à Sienne et à Rome avant de revenir s'installer à Florence où ils reçurent la visite de Sérusier. Peu avant Pâques, Ballin repartit pour le Danemark afin d'y effectuer son service militaire et y noua des contacts avec les milieux intellectuels et artistiques. Il collabore avec la revue Taarnet, dirigée par Johannès Joergensen, pour laquelle il réalise des dessins et des en-têtes de chapitres . |
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En février 1894, il invite Jan Verkade à venir le rejoindre et organise une exposition pour faire connaître son oeuvre: "Le fait que, dans ce Copenhague tant dominé par les courants réalistes et naturalistes, deux jeunes gens absolument modernes se déclaraient résolument en faveur de la tradition et de l'objectivité en religion et en art, fit sensation, surtout parmi les artistes". En 1899, Ballin épousa une danoise d'origine française, Marguerite d'Auchamp, qui lui donna cinq enfants avant de mourir à trente quatre ans en 1907. Il ne se remit jamais complètement de cette grande douleur et cessa progressivement de peindre pour se consacrer exclusivement à l'éducation de ses enfants et aux intérêts de l'Eglise catholique au Danemark. Il meurt d'un cancer en janvier 1914 en laissant le souvenir d'un homme généreux et d'un ami dévoué. Sa conversion ne semble pas lui avoir posé les mêmes problèmes qu'à Verkade et l'art occupa toute sa vie une grande place dans son esprit. Introduit à Paris dans les milieux de l'avant-garde artistique, il se mêla au groupe de Pont-Aven, aux réunions des Nabis et prit connaissance des doctrines symbolistes avant d'essayer de les répandre au Danemark où son influence fut déterminante. Agnès Delannoy |
| Jan Verkade |