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Emile Bernard (1868-1941)
BRETONNES AU GOEMON
Gouache et fusain sur carton 27,8 x 41,2 cm signé et daté en bas à gauche: Emile Bernard 1888 Saint-Germain-en-Laye, Musée Départemental Maurice Denis "Le Prieuré" (Inv. PMD 987.5.1) |
| Au printemps 1888, Emile Bernard retourna en Bretagne et passa trois mois à Saint-Briac avant de s'installer à Pont-Aven et de se rapprocher de Paul Gauguin. Ce fut, pour le jeune peintre, une période de production intense et décisive au cours de laquelle il élimina progressivement tout effet de perspective et de jeux d'ombres pour ne conserver que les traits essentiels. Il commence alors à réduire collerettes, coiffes et jupes bretonnes à des formes géométriques où l'usage du cerne interdit toute diffusion d'une couleur dans le domaine voisin . |
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Les Bretonnes dans la prairie (1888, coll. part.), La Moisson (1888, Paris, Musée d'Orsay), Le Blé noir (1888, coll. part.), La Gardienne de porcs (1888, coll. part.), témoignent de cette évolution rapide dont Les Bretonnes au goëmon sont particulièrement démonstratives. Les formes indistinctes, presque abstraites, de ces cinq silhouettes de femmes tournées vers le large possèdent une singulière force plastique. Réduites à l'essentiel et dépourvues de tout détail anecdotique, elles procèdent d'une conception synthétique qui permet au jeune peintre de transformer une banale scène de genre en une allégorie un peu irréelle de l'attente. C'est curieusement cet aspect presque symboliste qui disparaîtra des deux toiles dans lesquelles Emile Bernard semble avoir réutilisé une partie de cette composition. L'une, également intitulée Bretonnes au goëmon (coll. Samuel Josefowitz), date de cette même année et reprend la disposition générale des trois silhouettes de gauche. L'autre, de grand format, réalisée en 1939 et intitulée Après la récolte du goëmon (coll. part.), révèle une nouvelle utilisation de la même composition, réinterprétée à la façon de la grande peinture classique. Ainsi, le même sujet se trouve-t-il avoir été réutilisé par l'artiste à des moments différents et décisifs de son évolution. Ceci n'est pas unique dans son oeuvre et traduit la réflexion que Bernard mène sur son propre travail, qu'il n'hésite pas à reprendre et à approfondir. Agnès Delannoy |
| Emile BERNARD | Pierre BONNARD | Paul GAUGUIN | George LACOMBE | Piet MONDRIAN | Paul-Elie RANSON | Ker-XavierROUSSEL |
| Claude-EmileSCHUFFENECKER | Paul SERUSIER | Wladyslaw SLEWINSKI | Felix VALLOTTON | Jan VERKADE | Edouard VUILLARD |